vendredi, 25 avril 2008
Mon blog a deux jours...
Minuit une, déjà le deuxième jour d'existence de mon blog! Et les doutes qui commencent. Je me demande si j'ai bien fait de saucissonner la bio-bibliographie en une petite dizaine de notes... Je rajoute pour clore le sujet que ces bios d'écrivains francophones figurent (ici sur le blog) dans un ordre chronologique inversé...
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jeudi, 24 avril 2008
De Maria Maïlat à Marius Daniel Popescu et Letitia Ilea...
LINDA MARIA BAROS
Linda Maria Baros est née en 1981 à Bucarest. Fille de poète, elle est poète elle même, essayiste et traductrice de ses propres textes ainsi que de poèmes roumains. Elle a été récompensée par plusieurs prix littéraires roumains et français, dont le prix de la Vocation en 2004 et le Prix Apollinaire en 2007, pour La Maison en lames de rasoir.
La Maison en lames de rasoir, Cheyne Éditeur, 2006. Recueil publié également en
roumain : Casa din lame de ras, Editura Cartea Românească, Bucarest, 2006
Le Livre de signes et d’ombres, Cheyne Éditeur, 2004. Recueil publié également en
roumain : Dictionarul de semne si trepte, Editura Junimea, Jassy, 2005
LA PORTE À VISAGE D’OISEAU
La maison flotte sur la bosse en pierre de l’obscurité,
sur ses écailles grisâtres, venimeuses,
montées en épi,
comme si la nuit voletait
dans un cercle de craie
et que son bruissement de lave,
semblable au déploiement d’une aile,
parvenait jusqu’à nous.
La maison, aux cheveux bleus d’antan,
trempés dans des eaux volatiles,
coincés dans la porte,
comme dans un ventilateur en teck.
Ses griffes d’alpax s’enfoncent dans la pierre !
Son bec, ensanglanté.
Tu te verrouilles de l’intérieur. Et tu ris.
Le silence sautille à pieds joints sur la poignée.
Linda Maria Baros, La Maison en lames de rasoir, Cheyne Éditeur, 2006,
page 22. Préface de Patricia Castex Menier.
FLORIN TURCANU
Florin Turcanu est né en 1967 en Roumanie. Il est historien. Ancien étudiant de l'EHESS de Paris, il est actuellement maître de conférences à la Faculté de sciences politiques de l'université de Bucarest et chercheur à l'Institut roumain d'études sud-est-européennes.
Son ouvrage sur Mircea Eliade, écrit en français et préfacé par Jacques Julliard éclaire de manière magistrale une des personnalités les plus complexes de l’histoire des lettres roumaines et françaises. Il est la preuve éclatante de la vitalité des liens qu’entretiennent les intellectuels, de la Dambovita à la Seine.
Mircea Eliade, Le Prisonnier de l'histoire, éd. La Découverte coll. L'espace de
l'histoire, 2003
LETITIA ILEA
Letitia Ilea, poète et traductrice, est née en 1967 à Cluj-Napoca, en Roumanie. Elle poursuit des études de Lettres à la faculté de Cluj- Napoca, où elle enseigne aujourd’hui le français. Elle fait ses débuts en poésie dès 1984 et ne cesse depuis de publier des poèmes, des chroniques littéraires, des interviews et des traductions dans la majorité des revues littéraires de Roumanie. Letitia Ilea appartient à la belle famille des poètes qui se traduisent eux-mêmes. Ses poèmes ont été publiés sous forme de recueils en Roumanie (eufemisme, Ideea,
1997; chiar viata, Paralela 45, 1999; o persoană serioasă, Limes, 2004) puis en France (Est-cris,Transignum, 2005; Terrasses, Éditions du Centre International de Poésie de Marseille, 2005; Apprivoiser le silence, Autres Temps, 2005), ainsi que dans diverses anthologies et revues roumaines et françaises (Europe, nr. 894, octobre 2003, La revue des archers, nr. 8, 2005, etc.).
Letitia Ilea a été une des douze invités des Belles Étrangères consacrées en 2005 à la Roumanie. Plusieurs de ses poèmes ont été publiés à cette occasion dans le recueil Douze écrivains roumains. Les lecteurs ont la possibilité de l’écouter et de la voir, filmée chez elle en 2005 : le DVD du film de Dominique Rabourdin figure à la fin du recueil.
Elle a reçu sept prix littéraires en Roumanie pour sa poésie et ses travaux de traduction. Le prix Jean Malrieu lui a été décerné en avril 2007 pour son recueil Apprivoiser le silence. « J'écris des vers comme des timbres qui ne collent pas sur des lettres sans destinataire » écrit-elle. Pour son préfacier, « il y a dans cette phrase tout le désarroi du poète sur son utilité immédiate, mais aussi sa dramatique assurance de
savoir demain des collectionneurs qu'il saura intéresser ».
Voici un auteur qu’il faut lire et faire écouter.
Apprivoiser le silence, éd. Autre temps, coll. Temps poétique, 2005
Est-cris, éd. Transignum, 2005
Terrasses, éd. CIPM - Spectres familiers, 2005
MARIUS DANIEL POPESCU
Marius Daniel Popescu est né à Craiova en 1963 et s’est établi à Lausanne en 1990. Au volant de son trolleybus de la compagnie des Transports publics, Marius Daniel Popescu observe le monde, l’absorbe par tous ses pores. L’homme est poète. Quatre recueils publiés en Roumanie, puis le français s’impose. Son premier recueil de poèmes écrits en français, intitulé 4 x 4, poèmes tout-terrains est publié par les éditions Antipodes, à Lausanne. Puis ce sont les Arrêts déplacés, en 2004 chez le même éditeur, recueil qui obtient le Prix Rilke 2006. Marius Daniel Popescu lance en 2004 un journal littéraire dont il est le seul et unique contributeur : Le Persil.
En 2007, les éditions José Corti publient un roman à la facture extraordinaire, en cette période de maigreur épique : à la fois grand récit et accumulation poétique d’observations au périscope –l’exacte quotidienneté de la beauté. Pour lui, « La langue française est devenue (…) une sorte de soeur jumelle avec laquelle je partage les impressions sur tout ce que je vis, sur tout ce qu'elle et moi rencontrons dans la vie de chaque jour. » Un journaliste a écrit quelque part que s’il n’écrivait pas, ce romancier-là verrait son crâne exploser sous la pression des
images, des associations et des idées. Cependant, quelle maîtrise du flux créateur ! Que ce soit pour évoquer ce nid d’hirondelles posé sur un fil électrique dans la véranda chez sa grand-mère ou dans la réflexion partant d’un regard un seul posé sur « cinq sacs en plastique sur une des étagères », Marius Daniel Popescu ensorcelle. Allez, un court passage :
« Quand un inconnu te demande ce que tu fais dans la vie, tu lui réponds « je suis dans la publicité ! » Tu ne dis pas aux inconnus que tu travailles comme colleur d’affiches, tu leur dis que tu analyses les publicités sur les sacs en plastique et en papier. S’ils te demandent : « Et les sacs en tissu, ils vous intéressent ? », tu réponds oui et ils prennent l’air de quelqu’un qui réfléchit puis, après deux ou trois secondes, ils disent « ça doit être intéressant ! »
La Symphonie du loup, éd. José Corti, 2007
Arrêts déplacés, éd. Antipode, 2004
4x4 : poèmes tout-terrains, (épuisé) éd. Antipodes, 1995
DUMITRU DODO NITA
Il n’est l’auteur d’aucun ouvrage en français, mais sa contribution à la francophonie est évidente. Dumitru Dodo Nita est né en 1964 à Bucarest. Il est aujourd’hui l’interlocuteur incontournable de qui cherche à connaître la BD roumaine. Le 9ème art ne bénéficie pas en Roumanie du prestige qu’il connaît ailleurs, mais il a, grâce à M. Nita, son salon annuel et son association des bédéphiles. A force d’écumer les
bouquinistes, ce passionné, parfait francophone, a rassemblé 80 albums sur les cent albums jamais édités en Roumanie (oui, 100 : 50 albums publiés avant 1989, dans les années 1930 notamment, 50 albums depuis) et s’est constitué l’unique bibliothèque de BD de son pays.
Il a traduit en roumain les oeuvres de Morris, André Juillard et Louis Cance. Pour son travail en faveur de la francophonie à travers la bande dessinée, Dodo Nita a reçu en 2001 le titre de Chevalier de l`Ordre des Palmes académiques en France et en 2006 celui de Chevalier de l'Ordre de Léopold en Belgique. Il est le rédacteur en français du chapitre concernant la BD roumaine publié dans le BD guide 2005 – Encyclopédie de la bande dessinée internationale. (éd. Omnibus, Paris, 2004).
MARIA MAÏLAT
Personnalité chaleureuse (ses amis le disent) et secrète (on le lit), Maria Maïlat se livre un peu dans le parcours de son héroïne Mina, dans son premier roman écrit en français, La Cuisse de Kafka. Mina est gymnaste, le lavage de cerveau est éprouvant dans ce pays communiste. Dans ce milieu de la performance sportive, on la traite avec mépris de « poétesse ». Mina écrit : « Adolescente, j’aurais aimé ressusciter Blaise Cendras en récitant ses poèmes, j’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Je songeais à la France, mais sans l’approcher, je l’observais de loin, depuis Saturne. Je ne me voyais pas débarquer à Paris en touriste, puisque Dante n’avait pas arpenté le Purgatoire en suivant le plan d’une agence de voyage. L’exil n’était pas comparable à un week-end d’évasion à Venise ou à Prague. » Et Mina de s’exiler, d’apprendre le français, à trente-trois ans, de subir la douleur et l’humiliation de ceux qui vous accueillent sans vous accueillir.
Née en Transylvanie dans une famille pluriculturelle, anthropologue, poète et romancière francophone, Maria Maïlat vit à Paris depuis 1986.
Cailles en Sarcophage, éd. Editinter, 2004
Silences de Bourgogne, éd. de l'Armançon, 2004
La Cuisse de Kafka, éd. Fayard, 2003
Avant de mourir en paix, éd. Fayard, 2001
Quitte-moi, éd. Fayard, 2001
La Grâce de l'ennemi, éd. Fayard, 1999
Sainte Perpétuité, éd. Julliard, Hors Collection, 1998
S’il est défendu de pleurer, éd. Robert Laffont, Coll. Pavillons, 1992
Matei Cazacu et Matei Visniec...
MATEI CAZACU
Dire de lui qu’il est « archiviste, paléographe, docteur en histoire et civilisation du monde byzantin et post-byzantin » suffit fort peu à définir l’esprit insatiable de Matei Cazacu. Doté d’une curiosité et d’un souci du détail érudit hors du commun, ce diplômé de l'Ecole pratique des hautes études, chargé de cours à Paris IV et chercheur au CNRS, communique la jubilation de la recherche historique à des générations d’étudiants –ceux de l’Inalco entre autres. Il est l’auteur d'une centaine d'articles scientifiques et d'une dizaine d'ouvrages dont, chez Tallandier, la fameuse première biographie de Dracula…Ce livre, qui se lit avec facilité, est le fruit de quarante années de recherches. Matei Cazacu raconte, avec l’humour discret qui le caractérise, les étapes de cette passion historique initiée en Roumanie par l’étudiant en maîtrise en 1969 et que le lecteur français a la chance de voir éclore, en 2004, avec la publication de cet ouvrage.
Gilles de Rais, éd. Tallandier, 2005
Dracula, suivi de "Capitaine vampire", éd. Tallandier, 2004
Des femmes sur les routes d'Orient, éd. Georg, Coll. L'Orient Proche, 1999
MATEI VISNIEC
Dramaturge, poète et journaliste, né en 1956 en Roumanie, Matei Visniec arrive à Paris en 1987, sur invitation d’une fondation culturelle et il demande l’asile politique en France. Depuis, il écrit essentiellement en français. En 1993, il obtient la nationalité française et commence à travailler en tant que journaliste à RFI. Après la chute du régime totalitaire en Roumanie, en 1989, Matei Visniec devient l’auteur le plus joué dans le pays. En France, une trentaine de créations ont d’ores et déjà vu le jour. « Je suis l'homme qui vit entre deux cultures, deux sensibilités, je suis l'homme qui a ses racines en Roumanie et ses ailes en France. »
Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux, éd.
Lansman – Nocturnes théâtres – 2007
Du pain plein les poches et autres pièces courtes, éd. Actes Sud – Papiers, 2004
L’Histoire du communisme racontée aux malades mentaux, éd. Lansman, 2000
Petit boulot pour vieux clown, Suivi de : L'Histoire des ours, éd. Actes Sud –
Papiers, 1998
Paparazzi suivi de La Femme comme champ de bataille, éd. Actes Sud – Papiers,
1997
Le Théâtre décomposé ou l’homme poubelle, éd. L’Harmattan, 1996
L'Histoire des ours Panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à
Francfort, éd. Cosmogone, 1996
23:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, matei cazacu, matei visniec
Roumains, ils écrivent en français
J'inaugure mon blog de traductrice par une note... qui n'évoque pas la traduction mais les écrivains roumains francophones. L'Espace Leopold Senghors à Verson (près de Caen) m'a demandé à l'automne dernier d'établir une bibliographie personnelle, argumentée, et de venir la présenter devant des bibliothécaires de la région Basse Normandie. La rencontre a eu lieu le 3 mars dernier. C'était pour moi un vrai plaisir de venir présenter ces ouvrages que j'aime à un public intéressé. Intitulé Seine et Danube - Roumains, ils écrivent en français, le document préparé pour cette "journée de formation" fait 32 pages et il est illustré par quelques photos prises à Bucarest en 2005 et 2007 ainsi que par quelques reproductions d'oeuvres de Isidore Isou (grâce à l'autorisation de François Poyet que je salue).
Cette toute première note présente ainsi l'avant-propos de Seine et Danube - Roumains, ils écrivent en français. Au fait, le choix de ce titre est une sorte d'hommage à une excellente revue littéraire trop tôt interrompue. Dumitru Tsepeneag en était le rédacteur en chef et ce beau titre est une trouvaille du poète Michel Deguy.
Quant au poème qui suit -et qui introduit mon avant-propos, il est de Letitia Ilea...
Bonne lecture!
j’écris dans une nouvelle langue
une langue qui n’est pas la mienne
une langue que j’aime comme tout ce qui
ne m’appartient pas
j’en prononce les paroles à haute voix
je m’en grise je renonce je persévère
ma joie mon amour ma souffrance sont-ils
autres ?
le poème est-il un enfant adopté ?
j’écris dans une nouvelle langue
je la murmure je la caresse comme un petit
chien
lentement elle vient m’habiter
elle se glisse dans mon esprit
elle commence à y bâtir des forteresses
à mon insu
ma joie mon amour ma souffrance
y sont mes enfants sans nom
Letitia Ilea
Apprivoiser le silence, éd. Autres Temps
"Au fur et à mesure de la conception de la présente biobibliographie, l’évidence s’est renforcée : les deux littératures roumaine et française s’irriguent l’une l’autre. Pas à la manière d’un donnant-donnant bilatéral et simpliste. Plutôt à la façon d’un fleuve dont les eaux franco-roumaines enrichiraient de concert la culture européenne.
C’est la raison pour laquelle j'ai choisi de présenter les auteurs en respectant les grandes scansions chronologiques de l’ère contemporaine dont ils sont indissociables. Lire leurs oeuvres, c’est passer tout naturellement de la Belle Epoque au large mouvement des Avants gardes, de la Montparnasse des années 20 et 30 aux drames de la guerre et de la Shoah, des déchirements de l’Europe après le partage de Yalta et de la chute du Rideau de Fer aux exils antitotalitaires, du rééquilibrage identitaire de l’après 1989 à l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007.
On a coutume de rappeler tout ce que la culture roumaine a donné à la littérature française au XXème siècle. On cite alors assez spontanément Panaït Istrati, Tristan Tzara, Eugène Ionesco, Mircea Eliade, Emile Cioran. Qu’en est-il de notre XXIème siècle encore balbutiant ? Un bienfait réconfortant et paradoxal de notre Printemps de l’Europe (par contraste avec un autre Printemps, celui des Peuples) est qu’il faut aujourd’hui mener une véritable enquête pour dépister, débusquer les « auteurs roumains » de langue française.
Alors, écrivains roumains d’expression française ou écrivains français d’origine roumaine ? La question est presque philosophique. Nous n’en démêlerons pas les fils ici, mais on peut se poser la question si l’on s’intéresse aux ressors de la créativité littéraire et au jeu des mots. Il est
éminemment symbolique, ce geste de changer d’idiome au point de faire oeuvre littéraire dans une nouvelle langue –en l’occurrence, la langue française.
Est-ce que cela s’apparente à une conversion ? Conserve-t-on des thèmes roumains, quand on devient « écrivain français » ? Est-ce que c’est un doublement de la créativité ? Les romans des auteurs installés durablement dans la langue française figurent légitimement dans les collections de littérature française de leurs éditeurs. N’est-ce pas leur faire violence que les ramener à ce que leur naissance fit d’eux : des locuteurs de roumain ? Les plus grands écrivains se penchent sur cet aspect de leur vie. C’est pourquoi nous avons choisi de montrer en quelques lignes, dans le parcours de chaque écrivain ici présenté le moment français. Force est de constater ici que lorsqu’un auteur a la chance inouïe de trouver une seconde langue comme un second souffle, il en use et il en joue avec une sensitivité extrême, donnant une écriture percutante, précise et riche.
Jamais comme au XXème siècle notre langue n’aura été l’objet d’autant de déconstructions, de ré articulations. On a beaucoup joué avec le français, dans le cadre des grands mouvements surréaliste, oulipien – lettriste, etc. Ainsi, on ne peut oublier les titres coup de poing de Mateï Visniec –Petit boulot pour vieux clown ou Attention aux vieilles dames rongées par la solitude. On est saisi par les poèmes décoiffants de Linda Maria Baros –Le chemin et son juke-boxe par exemple. On s’éprend de la profonde simplicité et de la simplicité
profonde des poèmes de Letitia Ilea – mon livre est tombé amoureux de ton livre.
Cas particulier illustrant parfaitement notre propos sur la langue jouée dans la culture française, Gherasim Luca, ce « grand sorcier de la poésie sonore » : il nous a donné, parmi quelques centaines d’autres, L’amant dit cité et De l’alphabet au bétabet… Faut-il poursuivre la démonstration ? Oui, pour avoir le plaisir de découvrir tout de suite cet extrait de poème de Marius Daniel Popescu, écrivain en cours d’affirmation et dont l’éditeur José Corti vient de publier un extraordinaire premier roman :
“ …je suis
le descendant de la pluie ménagère, celle qui évite
les gouttières, délinquante météorologique elle
fait que mes lèvres s'ouvrent chaque fois comme
un oeuf qui se casse pour que tu puisses faire une bonne omelette orme barre droite musique tarif
basalte y lardons”.
Cet étonnant créateur puise dans le monde qui l’entoure à chaque fois qu’il accomplit les gestes anodins et répétitifs de son quotidien de conducteur de trolleybus, dans les rues de Lausanne… Il s’appelle Marius Daniel Popescu et un journaliste suisse a la subtilité de se souvenir : “ Il y a bien longtemps, Lausanne a déjà vu déambuler dans ses rues un poète-travailleur venu de Roumanie. Il s'appelait Panaït Istrati. Lui aussi avait été conquis par la langue française et en devint un maître ”.
Février 2008
Laure Hinckel
21:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : francophonie






